Pas un bruit autour de moi

Pas un bruit autour de moi, rien que le voile imperceptible du silence qui m’entoure et m’isole. Pourtant je ne suis pas seule dans cette salle aux murs blancs. D’autres gens circulent, s’absorbent dans la contemplation d’un tableau accroché au mur ou se penchent sur une vitrine. Personne ne cherche à déchirer cette enveloppe pourtant si légère qui nous protège, nous sommes tous happés, tout à notre contemplation, chacun de nous a rejoint son propre territoire et erre au milieu de ses connexions personnelles, incommunicables aux autres.

Combien d’univers, de mondes différents se côtoient-ils simultanément dans cette salle ? Combien d’imaginaires se frôlent sans jamais s’interpénétrer ? Immense réseau de mots, de souvenirs, d’images, de sensations colorées. Réservoir inépuisable et pourtant inaccessible d’intimités qui se frottent entre elles sans s’unir, s’ignorant les unes les autres, dans une vibration pourtant commune, les regards tournés parfois dans la même direction.

À présent du fond de ma retraite, je contemple la mer en suivant des yeux la presqu’île rocheuse qui me fait face, les seuls bruits qui troublent le silence sont les chants des oiseaux et parfois le susurrement du vent dans les feuillages.

Ici pas de tableaux, mais tous les univers côtoyés jusqu’à présent m’accompagnent, résonnent pour peupler ce silence de leurs ramifications, oubli et réminiscence de tout ce qui m’a effleuré sur les chemins qui m’ont menée jusqu’ici.

Traversée

Traversée

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Déambulation

Chaque déambulation nous sollicite et offre matière à rêverie ou à méditation. Comme un signe ou un appel, quelque chose nous happe sur notre chemin à chacun de nos pas.

Je marche sur un sentier. Pas un caillou, pas un arbre, pas une brindille qui ne soient à même de faire surgir ce que je n’attendais pas, même ce vieux vélo posé contre un mur.

Daphné Anselm Kiefer

                                                                    Daphné ( Anselm Kiefer)

Chaque mousse me parle et dessine des formes gardées en mémoire. Minérales, végétales ou vivantes, elles deviendront les canevas de ce que nous verrons encore. Chaque œuvre d’art sera la reconnaissance inconsciente de ce que nous avons déjà vu, de ce qui était déjà dessiné en nous.

À chacun de nos pas, nous rencontrons ce que nous possédons déjà au fond de nous, et dont nous sommes dépositaires.

Je me vois, me reconnais, me retrouve dans les flaques d’eau boueuse sur mes chemins hivernaux, dans la surface brillante des plaques de glaces ou dans l’eau vive des ruisseaux en été. Le ciel s’y reflète et notre intuition artistique nous vient des formes et des contours que nous avons croisés partout sur notre parcours.

Der verlorene Buchstabe ( Anselm Kiefer)

                                                 Der verlorene Buchstabe ( Anselm Kiefer)

Me revient la vision de toutes les branches tordues, des rochers dans lesquels l’enfant que j’étais entrevoyait des têtes d’animaux ou de personnages énigmatiques, de tous ces nuages qui prenaient des contours d’objets connus ou de personnes, des plis du rideau qui s’agitaient la nuit dans ma chambre.

La promeneuse ranime sur son passage et révèle, telle une magicienne redonnant des couleurs à tout ce qui l’entoure, toute cette vie imaginaire de l’enfant qu’elle était, l’enfant qui savait transformer les apparences, imaginer des mondes dans des traces de cendres, de rouille ou dans quelques branchages desséchés.

Anselm Kiefer Pompidou-7

                                                Anselm Kiefer Centre Pompidou février 2016

 

 

 

 

Déstabiliser

Les nuages passent au-dessus de moi, la tête me tourne et un vertige me prend.

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Ciels au Wolshof

28122015-Ciels au Wolsthof-6Il suffirait de déstabiliser, désorienter, déséquilibrer celui qui regarde dans un éloge du fragile, de l’instable, du précaire, de tout ce qui bouge et ne se remet pas en place, dans un hommage au vent et à l’éphémère, au sable qui n’a pas de forme, à la plume qui volette autour de ma tête, à l’eau qui coule et ne revient jamais au même endroit, à l’écume qu’on ne peut saisir.

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29122015-Ciels au Wolsthof-3Il suffirait de se laisser bercer par le fluctuant, le mouvant, de n’avoir pour se retenir que de frêles branchages, du sable sous les pieds, de la mousse.
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 Il suffirait de se perdre dans des apparences changeantes comme dans un labyrinthe et de susciter cet instant de trouble quand le corps vacille légèrement et tremble.27122015-Ciels au Wolsthof-11

27122015-Ciels au Wolsthof-10Il suffirait de vivre tous ces moments de léger basculement lorsque je m’aperçois en me retournant, avec un sentiment de légère panique, que la plage est loin derrière moi, que je n‘ai plus pied depuis longtemps, de me souvenir aussi de ces instants d’affolement lorsqu’ayant perdu mon chemin en montagne je comprends que je tourne en rond depuis un long moment

27122015-Ciels au Wolsthof-7Lorsque mes sens me trompent, je deviens vulnérable, je perds pied et vacille tandis que mes repères disparaissent. Tous ces interstices entre lesquels je navigue régulièrement, sont autant de moments que je peux mettre à profit pour me lester de toutes mes certitudes, et rejeter ce qui en moi est fixité, consistance et dureté. Écrire dans ces entrebâillements, dans les marges de la fragilité et du vertige. Trouver mes mots dans ce déséquilibre et tous ces faux pas.

Deviendrai-je alors comme ce nuage qui s’effiloche dans le ciel et reprend forme un peu plus loin ou comme cette plume qui danse en déposant au gré du vent quelques traces sur une page blanche ?

 

 

 

Je me souviens de maisons

Il s’est ancré en moi certains traits de toutes les maisons que j’ai connues, celles de ma famille, peu nombreuses, à Paris ou en Alsace, les miennes ou celles de mes amis que j’ai partagées quelques jours avec eux, toutes celles que j’ai imaginées en lisant Balzac, Tolstoï, Chateaubriand ou Duras et tous les écrivains que j’aimais. Ils m’invitaient dans leur maison ou celle de leurs personnages, je partageais leurs lieux le temps de ma lecture, à Balbec, ou à Combourg. Toutes celles aussi dont j’ai rêvé, où j’ai imaginé vivre pendant quelques instants.

Elles reflètent parfois les traits de leurs propriétaires, tolèrent une approche discrète de la personnalité de chacun d’eux. Vides ou saturées d’objets, remplies d’étagères et de bibliothèques bourrées de livres ou de bibelots, elles indiquent bien sûr le milieu social et les goûts de leurs habitants, mais disent aussi contre quoi nous voulons tous nous préserver, ce qui ne doit pas pénétrer dans ce lieu protégé, ce que nous craignons venant de l’extérieur. J’ai en moi des façades fleuries derrière lesquelles je cache mes déceptions les plus secrètes, j’ai des toits qui m’abritent et me protègent des intempéries, j’ai des chambres cachées, des abris en coin et recoins tapissés de rideaux et de lourdes couvertures, et j’ai des fenêtres qui s’ouvrent sur un ciel infini, sur des prés toujours verdoyants, j’ai des portes que j’ouvre ou referme selon mes humeurs, des escaliers intérieurs qui mènent vers des soupentes, et des mansardes poussiéreuses.

J’ai en moi d’immenses baies vitrées qui s’ouvrent sur des montagnes aux sommets enneigés, de larges fenêtres aux percées béantes mais aussi de minuscules lucarnes découpant un espace exigu dans le ciel, et des fenêtres étroites dans des maisons très anciennes.

Maison Roussillon

Maisons Roussillon

On les trouve tout au bout de sentiers sombres dans des forêts de sapins, ou bien près d’un ruisseau, d’une rivière, à quelques pas de la mer ou des pistes enneigées des flancs de montagne, que ce soient des refuges de montagne rudimentaires mais tellement bienvenus après tant d’efforts pour y accéder, ou des maisons radieuses dans des îles grecques au bord de la mer Égée, pénétrées de soleil, aux terrasses brûlantes j’y trouve le repos et le soulagement après une marche harassante ou un voyage mouvementé.

Maison Corse

Maisons en Corse

L’écriture est-elle susceptible de me rendre ces maisons ? Peut-elle mettre au jour l’influence qu’elles ont eue sur moi au moment même où je les occupais ? Comment faire renaître l’atmosphère particulière de chacune d’elles?

Maison Bali 3

Intérieur maison Bali

Aucune photo ne me rendra jamais ces fragments de temps que j’ai laissés entre tous ces murs. Écrire c’est jeter des pierres pour retrouver mon chemin, c’est retrouver une géographie, une carte un peu effacée de mes parcours.

Maison Bali

Maison Munduk Bali

Comme le vent soulève la poussière du chemin à notre passage, parfois nous sera révélé longtemps après, quand on ne s’y attend pas, au détour d’un chemin, un parfum familier, quelques notes de musique, les traits d’un visage, ou un mot entendu en passant alors des images surgiront, avec elles des émotions restées entre les murs de ces maisons anciennes.

Les jours allaient bientôt raccourcir

Les jours allaient bientôt raccourcir, l’heure d’hiver reviendrait il serait alors temps de se demander comment utiliser ces longues soirées d’automne et d’hiver, de savoir comment profiter de ce temps de répit et ne pas sortir, ne pas s’exposer au vent, à la pluie et à la nuit hivernale.

Vignoble en Bourgogne

Retrouver le plaisir de se confiner pour plonger au fond de soi et faire défiler des images surgies des profondeurs les plus intimes et parfois les plus sombres, le plaisir teinté d’une légère frayeur de se pencher dangereusement vers cet intérieur toujours inconnu quoiqu’on se dise pour conjurer la crainte, l’inquiétude, la menace, ce frisson de peur devant ce que nous ignorons, exorciser des démons qui tels des hiéroglyphes mystérieux sont inscrits dans nos abîmes les plus insondables.

Se laisser bercer par ce temps de latence en attendant le jour qui apportera son quotidien d’activités nécessaires et pourtant futiles et qui effacera toutes traces d’ombres nocturnes, estompera tous ces signes qui demeureront obscurs et illisibles.

Il existe tant de choses dont il faudrait se souvenir, événements, noms de lieux, de personnes, traits de visage, silhouettes, démarches, mais aussi des impressions, sensations visuelles et auditives, des saveurs, des goûts, des sons et des odeurs, tout un univers sensible, dont font partie les terreurs oubliées de l’enfant, les peurs cachées que l’on voudrait garder au fond de soi comme dans une boîte secrète.

Tant de moments dans lesquels on pourrait puiser pour nourrir nos sensations présentes alors que beaucoup de ces souvenirs se sont évanouis et sont tombés dans un oubli profond.

Elle pensait qu’elle ne savait plus rien, n’avait plus rien à dire ou à revendiquer, pensait que sa volonté s’était amenuisée laissant place à une indifférence polie et distante envers ce que les uns et les autres, et même ses propres amis pouvaient bien envisager de faire, leurs projets immédiats ou à long terme, ce qui pouvait les motiver, les faire bouger et se lever le matin, tout cela lui était en fait parfaitement indifférent, devenue étrangère à tout ce qui pouvait surgir sur son chemin, tout cela lui paraissait presque désagréable, pensait-elle alors qu’elle s’attardait devant sa tasse de thé au petit déjeuner en écoutant tomber la pluie.

Elle aimait ces journées de pluie quand brusquement tôt le matin le ciel se fermait et noircissait, qu’une brume couvrait la mer faisant disparaître les rochers qui la longeaient, qu’un vent froid se levait et que la peau gorgée de soleil se resserrerait en frissonnant, tandis que la pluie tombait drue tambourinant sur les toits, accompagnant ses rêves éveillés, rythmant ses songes du matin.

Fallait-il que l’eau qui coulait entraîne avec elle tout ce qu’elle aurait voulu éliminer, oublier, perdre, tout ce qu’elle souhaitait voir englouti à jamais, tout ce que peut-être elle fut et n’était plus depuis longtemps?

Comme l’eau d’un torrent charrie tout ce qui traîne sur son passage faisant danser feuilles, bouts d’écorces, brindilles et petites branches, elle souhaitait que soient emportés les résidus inutiles, les scories, les choses oubliées, tous les dépôts de sa mémoire encombrée. Elle pensait se délester de ce qui n’avait pu aboutir, toutes ces jeunes pousses qui ne se transformeraient jamais en plante.

Mais soudain la pluie devenait tempête, grondement, arrachement et fracas, saccageant sur son passage, il ne restait plus que des arbres couchés, déracinés, des rivières de boue se répandaient dans les rues, recouvraient les champs.

Parfois elle ne se reconnaissait plus elle-même.

Chemin en Bourgogne

Moulin abandonné

 

 

 

Le voyage à Brest

« Écrire est l’acte le moins pessimiste qui soit.  » Georges Perros ( Papiers collés)

Le train m’emporte vers l’Ouest. Il est à peine 7 heures et il fait encore nuit. Quelques lumières parsemées dans la nuit sur la ville.
Gare de Laval. Un épais brouillard gris s’étend sur la campagne environnante. Le soleil ne se lèvera qu’à 8h53. Nous sommes en hiver. Le train repart. Lorsque la lumière perce un peu on voit une blancheur givrée recouvrir les arbres, quelques lueurs roses dans le lointain, au-dessus d’une église, le brouillard se dissipe par endroits puis réapparait un peu plus loin.
Des villages endormis, des campagnes désertes, rien n’a encore commencé. Le monde retient son souffle, le froid pétrifie toute velléité d’action.
Rennes. Température annoncée -2° mais le soleil se montre généreusement.
Lamballe. Un paysage blanc de givre sous un ciel lumineux.
Saint-Brieuc dans le brouillard,
Guingamp sous un grand soleil,
Morlaix grand soleil,
Puis Brest sous la grisaille.
Ensuite il y aura une côte découpée, la mer, de gros rochers qui tombent dans les flots et l’écume des vagues, le gris des pierres des églises et des calvaires, un phare, des toits gris au-dessus de volets bleus, des embruns picotant le visage, une maison accueillante.
Mais tant d’autres images surgissant au détour d’une rue, à la vue d’un rocher.
Écrire un voyage, des paysages vus, des impressions, tout ce tumulte d’images restées au fond de mes yeux, emportées à la fin, et qui de temps à autre, les jours suivants ou bien plus tard viendront interférer comme des flash-backs, des réminiscences et se superposer aux autres, dans la rue, dans un magasin partout où mes pas m’emporteront, ravivées par une couleur particulière, par une ligne courbe, ou par cette sensation de vent frais sur ma peau. Elles seront là en masse prêtes à jaillir de ce carrousel étourdissant avec toutes leurs couleurs.
Alors on écrit pour retrouver de telles images, pour qu’elles ne s’évanouissent pas, à moins que ce ne soit pour empêcher que d’autres images ne viennent les recouvrir, celles qu’on ne veut plus ou pas voir, sorties directement de notre imagination ou de notre mémoire agitée et trop pleine, les images refoulées et refusées. Ce flot continu d’images venues de tous les confins de la mémoire, des bas-fonds et des coins les plus sombres et reculés de notre parcours.
Combien d’images emmagasinons-nous ainsi au fil des jours, tapissant notre mémoire, se mêlant à toutes nos expériences, nos aventures intimes pour les colorer?
Écrire un voyage est-ce décrire ce voyage, avec toutes ses anecdotes, ses péripéties, est-ce la transmission de tous les paysages vues, le kaléidoscope d’autres expériences plus anciennes?
Est-ce que ce que je vois est vrai? Ai-je atteins le vrai dans mon récit?
Qu’ai-je au juste saisi ?

Suis-je à la recherche d’une image manquante, une image oubliée et soigneusement cachée?

Plougastel-Daoula


2015-01-04 à 16-46-10 - 2015-01-04 à 16-46-10

Plougonvelin


2015-01-04 à 16-46-19 - 2015-01-04 à 16-46-19

Plougonvelin


2015-01-04 à 17-56-31 - 2015-01-04 à 17-56-31

La pointe Saint Mathieu

L’enfance des lieux

Un jour j’ai fait un film, un documentaire sur la village d’origine de la famille de ma mère. J’ai passé toutes mes vacances hiver comme été dans ce village. Là habitaient mes grands-parents maternels, mes oncles et tantes, mes cousins, là mes parents ont pris plus tard leur retraite. J’avais interviewé des habitants, ceux qui avaient quitté leur village d’enfance, étaient partis ailleurs pour faire leur vie et étaient revenus ici passer leurs vieux jours après une très longue absence.

J’avais interviewé dans le cimetière juif du village un homme rescapé des camps de concentration. « Je sais où sont tous mes meubles » m’avait dit cet homme, devenu adjoint au maire du village.

J’y retourne souvent voir ma mère à l’Ehpad, la réalité lui échappe désormais.

Le village de ma famille s’appelle Sarre-Union. Le vieux cimetière juif est en face de l’Ehpad. On y accède par une petite route.

J’y suis retournée. La neige et la pluie se mêlaient. Il faisait froid. C’était encore l’hiver dans toute sa rigueur.

Un homme est venu depuis la Meuse, il est responsable du cimetière juif de sa commune. Il a été ainsi que sa femme un « enfant caché ». Un couple avec deux jeunes adolescentes. Ils sont sur le chemin de retour à Strasbourg. Ils n’ont pas pris leurs manteaux en sortant de voiture, sont transis de froid et grelottent, mais n’arrivent pas à quitter le lieu. « C’est toute la société qui est atteinte », me dit la mère. Les adolescentes restent muettes, elles regardent. Une femme d’un village voisin avec sa mère. Elle est indignée, en colère, elle parle de la municipalité et des élections. Puis le représentant des juifs du village dont toute la famille est enterrée dans le cimetière est là ainsi qu’un couple de gens âgés. La femme parle en alsacien: « ça fait mal ».

Je me souviens encore.

La luge, le vélo, le papier journal dans des chaussures trempées par la neige, les balades le long de la Sarre, et cette langue apprise dans les jeux, cet alsacien avec lequel ma mère à Paris,  commençait ses phrases pour les terminer en français voyant que les gens ne la comprenaient pas. Tout est toujours là et tout est brisé en mille morceaux, comme ici les pierres et les marbres éclatés. Je pleure aujourd’hui sur ces éclats de moi-même éparpillés dans l’herbe sur toute la surface du cimetière, sur ces morceaux qui gisent là, sur mes souvenirs souillés et endoloris. Je ne suis pas née à Sarre-Union. Ma mère oui, mes grands-parents maternels aussi, mes oncles et tantes, mes cousins et leurs enfants aussi.

Je venais dans ce village en vacances. Chaque année, toutes les vacances scolaires. Je ne suis pas de ce village. J’y reviens pour ma mère régulièrement. J’ai pris des photos, mais pas plus que toutes celles que j’avais vues auparavant elles ne rendent compte de ce qu’on voit ici. De la douleur de cette vision, de l’acte de voir, et de la présence douloureuse dans ce lieu profané.

Cimetière Sarre-Union

Cimetière Sarre-Union

Cimetière Sarre-Union

Cimetière Sarre-Union

Cimetière Sarre-Union

Cimetière Sarre-Union