Les franges

M’absorber dans la contemplation du ciel, regarder durant des heures la lumière changeante, les couleurs des nuages en formation, de ceux qui parfois descendent si bas qu’ils semblent vouloir rejoindre la terre là -bas tout au bout de l’horizon, tour à tour menaçants et sombres puis légers et transparents, à peine une griffure sur le bleu du ciel.

Ciels d’Alsace

2013-12-27 à 12-52-21

2013-12-29 à 11-45-43

2013-12-29 à 12-27-03

2013-12-29 à 12-55-05

Me dire alors que ce sont eux qui transportent les images de ma vie, faisant tourner le kaléidoscope de mes souvenirs, de toutes mes émotions et mes humeurs. Les voir défiler, comme la pellicule d’un film qui aurait perdu sa bande-son, mais parsemée de taches de couleur posées là par une coloriste zélée.

2013-12-29 à 13-03-26

Me laisser dériver dans des franges de douce somnolence, des états de conscience flottante, portée par ces nuages qui coulent, m’assoupir à force de fixer le déplacement silencieux de ces masses qui s’effilochent comme certaines images de la vie se désagrègent et s’enfuient vers les lointains de l’oubli. Images successivement lumineuses puis sombres, brillantes et ternes et qui maintenant disparaissent, balayées par le vent. Happée jusqu’au vertige par le mouvement quand il se fait cavalcade, fuite devant mes yeux hallucinés.

Peut-être que s’évacuent alors, pour me libérer, les lourdeurs de tous les nuages noirs et que, lavé de toutes les pesanteurs, un nouveau moi advient peu à peu, aussi transparent et léger que le ciel après une pluie d’orage.