Le Moulin sous la neige

Le soleil brille à nouveau sur une ville blanchie. Le départ en voiture pour le marché de Noël de Strasbourg n’aura pas eu lieu, intempéries obligent.

Hier le moulin a failli disparaître sous la neige.

Restent les lectures possibles : « La correspondance de Chateaubriand avec la Marquise de V…»

Pierre Michon « Le roi vient quand il veut »,

les « Lettres en provenance de la nuit » de Nelly Sachs récemment traduites par Bernard Pautrat,

« Vers l’âge d’homme » de J.M. Coetzee.

J’aime la neige à Paris.

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Lire ou le marché de Noël ?

Oui il fait froid et cela n’incite pas à se remuer, mais à rester chez soi, à ne pas bouger de son canapé et lire.

Mais voilà.

On ne peut pas lire toute la journée disait un de mes amis.

Mais alors on peut écrire sans doute. Un petit mot pour les autres, pour voir s’ils sont toujours là, si le ciel trop gris qui recouvre la ville ne les a pas fait fuir, au-delà des ses murs , hors de ses enceintes vers des chemins enneigés, éclatants de blancheur ou vers d’autres horizons de ciel bleu et lumineux à l’autre bout du monde. J’en connais, je vous assure.

On peut rêver d’autres horizons ou  bien faire un tour au marché de Noël…

Oui, mais alors on peut aussi lire.

Probablement…

Une histoire qui colle à la peau

Revu  l’autre soir « Les fraises sauvages » de Bergman à la télévision.  Quel beau film, toujours visible en 2010,  le portrait sans complaisance d’un vieil homme trop rigide et peu sensible à son entourage,  son voyage entre le présent et les images de son enfance auxquelles il assite en tant que témoin vieilli.

Pas une ride malgré le passage du temps.

J’avais vu il y a peu à Montreuil une pièce d’Isabelle Rèbre interprétée par Bernard Bloch sur les derniers jours de Bergman, j’ai repensé à l’écriture très fine d’Isabelle Rèbre et de sa pièce en chantier qui dégage une atmosphère entre Tchékhov et Strindberg.

Je suis allée écouter hier Bernard Bloch ( un peu de publicité pour mes amis strasbourgeois) dans sa très belle lecture de son adaptation théâtrale du texte de Kertész à l’institut hongrois «  Le chercheur de traces » qu’il montera l’année prochaine au Centre dramatique National de Dijon. Un très bon moment en compagnie d’un texte qui ne peut laisser indifférent sur les traces, le passage du temps et la mémoire des lieux  douloureux du passé ?

J’ai lu aussi ces jours-ci le livre de Pascale Hugues sur ses deux grands-mères, l’une alsacienne, Marthe et l’autre allemande, Mathilde. Elles ont changé quatre fois de nationalités. Mes deux grands-mères à moi étaient alsaciennes et ont aussi changé quatre fois de nationalité comme tous ceux nés en Alsace avant 1918. Un livre à lire absolument pour tous ceux qui s’intéressent à cette histoire et à cette région.

J’en reparlerai sûrement puisque c’est aussi mon histoire, celle qui me colle à la peau, une histoire de passage et de frontière, une histoire de traces indélébiles.