La Ville

La ville qui m’émeut le plus, est celle qui au petit matin s’éveille à peine et cache encore pour un moment les secrets de ceux qui ne parviennent pas à rentrer chez eux,  celle qui protège pour quelques instants encore tous ceux qui, dans l’hébétude, ne savent plus vraiment où ils sont chez eux, ceux qui, à force de souffrance et de sentiment de solitude, ne peuvent plus rien décider de ce qui les concerne et ne savent plus rêver tandis qu’ils traînent nuit après nuit à la recherche d’une lumière dont ils gardent encore le souvenir au plus profond d’eux-mêmes.

Rue Paris la nuit

J’ouvre mes fenêtres sur le jour encore hésitant pour retrouver le monde qui s’éveille. Dans un instant j’irai m’asseoir à ma table de travail et je tenterai d’écrire quelques mots maladroits. Je respire profondément cet air de la nuit finissante comme pour m’imprégner de ces quelques instants avant la levée du jour qui cachera aux yeux de tous, par sa  clarté aveuglante, les derniers relents de misère et recouvrira d’une épaisse couche d’oubli ce déballage de solitude et de malheur, avec l’espoir que je serai encore capable de capter et d’extirper de la profondeur de cette nuit qui finissante, quelque chose de ce que nous refoulons et refusons de voir au grand jour.

Paris la nuit

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