Des pierres sur les sentiers de montagne

Récemment descendue des cimes des Pyrénées, je reprends mon souffle dans les rues et sur le macadam de la grande ville.

Fini l’effort parfois douloureux, finis les encouragements que l’on se fait pour tenir pendant les longues heures de marche dans la neige, sur les roches branlantes, dans l’eau des cascades qui se déverse et sur les cailloux qui roulent sous le pied.    Fini de chercher son équilibre à chaque pas. Fini de s’encourager : « il suffit de mettre un pied devant l’autre et l’on arrivera bien à un moment ou à un autre ». Finies aussi les découvertes de paysages gigantesques ; murailles de pierres à Ordessa, Gavarnie, fini de lever les yeux et d’être transportée par cette présence rocheuse qui m’entoure et par l’immensité du ciel ou de les baisser sur ces champs d’edelweiss inattendus tant ils sont nombreux.


Il me faut à présent retrouver l’énergie et le souffle nécessaires pour jeter des mots tout au long de mes chemins à venir comme ces pierres jalonnant les sentiers de montagne sur lesquelles je cherche avec précaution un appui pour avancer.



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En marchant sous la pluie


Que devenons-nous lorsque nous partons en voyage ?

Je laisse quelque chose, peut-être même une grande partie de moi-même quand je quitte mon appartement, avec mon sac de randonnée sur le dos après avoir jeté un dernier regard angoissé sur ce que je n’emporte pas. Tout ce que je suis bien obligée de laisser derrière moi. Les moindres grammes pèsent lorsque l’on marche plusieurs jours.

Mais qu’ai-je laissé dans mon antre que je ne pouvais emporter ? Retrouverai-je ce quelque chose que je ne connais pas à mon retour, où l’aurais-je malgré moi transporté sans le savoir. Est-ce pour cela que je cherche dans la photo à trouver un peu de cet inconnu qui m’a échappé ?