Déstabiliser

Les nuages passent au-dessus de moi, la tête me tourne et un vertige me prend.

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Ciels au Wolshof

28122015-Ciels au Wolsthof-6Il suffirait de déstabiliser, désorienter, déséquilibrer celui qui regarde dans un éloge du fragile, de l’instable, du précaire, de tout ce qui bouge et ne se remet pas en place, dans un hommage au vent et à l’éphémère, au sable qui n’a pas de forme, à la plume qui volette autour de ma tête, à l’eau qui coule et ne revient jamais au même endroit, à l’écume qu’on ne peut saisir.

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29122015-Ciels au Wolsthof-3Il suffirait de se laisser bercer par le fluctuant, le mouvant, de n’avoir pour se retenir que de frêles branchages, du sable sous les pieds, de la mousse.
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 Il suffirait de se perdre dans des apparences changeantes comme dans un labyrinthe et de susciter cet instant de trouble quand le corps vacille légèrement et tremble.27122015-Ciels au Wolsthof-11

27122015-Ciels au Wolsthof-10Il suffirait de vivre tous ces moments de léger basculement lorsque je m’aperçois en me retournant, avec un sentiment de légère panique, que la plage est loin derrière moi, que je n‘ai plus pied depuis longtemps, de me souvenir aussi de ces instants d’affolement lorsqu’ayant perdu mon chemin en montagne je comprends que je tourne en rond depuis un long moment

27122015-Ciels au Wolsthof-7Lorsque mes sens me trompent, je deviens vulnérable, je perds pied et vacille tandis que mes repères disparaissent. Tous ces interstices entre lesquels je navigue régulièrement, sont autant de moments que je peux mettre à profit pour me lester de toutes mes certitudes, et rejeter ce qui en moi est fixité, consistance et dureté. Écrire dans ces entrebâillements, dans les marges de la fragilité et du vertige. Trouver mes mots dans ce déséquilibre et tous ces faux pas.

Deviendrai-je alors comme ce nuage qui s’effiloche dans le ciel et reprend forme un peu plus loin ou comme cette plume qui danse en déposant au gré du vent quelques traces sur une page blanche ?

 

 

 

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Les franges

M’absorber dans la contemplation du ciel, regarder durant des heures la lumière changeante, les couleurs des nuages en formation, de ceux qui parfois descendent si bas qu’ils semblent vouloir rejoindre la terre là -bas tout au bout de l’horizon, tour à tour menaçants et sombres puis légers et transparents, à peine une griffure sur le bleu du ciel.

Ciels d’Alsace

2013-12-27 à 12-52-21

2013-12-29 à 11-45-43

2013-12-29 à 12-27-03

2013-12-29 à 12-55-05

Me dire alors que ce sont eux qui transportent les images de ma vie, faisant tourner le kaléidoscope de mes souvenirs, de toutes mes émotions et mes humeurs. Les voir défiler, comme la pellicule d’un film qui aurait perdu sa bande-son, mais parsemée de taches de couleur posées là par une coloriste zélée.

2013-12-29 à 13-03-26

Me laisser dériver dans des franges de douce somnolence, des états de conscience flottante, portée par ces nuages qui coulent, m’assoupir à force de fixer le déplacement silencieux de ces masses qui s’effilochent comme certaines images de la vie se désagrègent et s’enfuient vers les lointains de l’oubli. Images successivement lumineuses puis sombres, brillantes et ternes et qui maintenant disparaissent, balayées par le vent. Happée jusqu’au vertige par le mouvement quand il se fait cavalcade, fuite devant mes yeux hallucinés.

Peut-être que s’évacuent alors, pour me libérer, les lourdeurs de tous les nuages noirs et que, lavé de toutes les pesanteurs, un nouveau moi advient peu à peu, aussi transparent et léger que le ciel après une pluie d’orage.